Les consommateurs Chinois

Nous sommes en 2020 et malheureusement je constate que vendre aux consommateurs chinois devient impossible. Et pour causes…

Fermeture des frontières

Contrairement à ce que vous pouvez lire ou entendre dans la Presse, la Chine ferme ses frontières. Rappelez vous toujours qu’en Chine il y a ce que l’on veut bien vous montrer (l’image, la face), et la réalité (que l’on cache).

D’un côté, vous pouvez lire les différentes déclarations du gouvernement, à commencer par l’appartenance de la Chine à l’OMC. Puis il y a les discours qui vantent le libre échange et l’ouverture du marché chinois aux produits étrangers.

De l’autre, ce que vous ne voyez pas et que l’on ne vous dit pas, sont les démarches administratives toujours plus complexes, coûteuses, et contraignantes. Les processus d’importation et de certification évoluent soigneusement afin de décourager le plus téméraire des exportateurs étrangers.

Un exemple flagrant est celui de l’importation d’huile d’olives BIO. Avant que les Chinois n’en produisent, les producteurs étrangers devaient passer par une seule certification, certes complexe, mais unique. Maintenant il en faut deux espacées d’un intervalle d’un an.

Il y a aussi cette date du 26 mars 2014. La Chine et la France signent un accord pour permettre l’importation de charcuterie française en Chine. Six ans après, en ce 20 janvier 2020, je n’ai pas encore vu une seule tranche de saucisson en provenance de France. Et pourtant je fréquente les magasins spécialisés en produits étrangers tels que City Shi, City Super, Carrefour, etc.
La seule charcuterie française que l’on trouve en Chine est celle que les fabricants français produisent localement en Chine.

Quant à l’OMC, la Chine de 2020 n’a plus rien de comparable avec celle qui avait signé son adhésion en 2001… Afin de comprendre la différence, je vous propose de lire cet article de BFM TV publié il y a deux mois.

Les consommateurs chinois sont radins

Les Chinois n’ont pas oublié les temps de misère extrême qu’ils ont vécu il y a encore pas si longtemps. Je compatis, mais ces années de restriction les ont transformé en consommateurs extrêmement radins. Je n’exagère pas en disant que 90% des Chinois d’aujourd’hui privilégient les prix bas au détriment de la qualité des produits. Vous ne me croyez pas ? Lisez les exemples ci-dessous, ils vous sembleront ahurissants, mais néanmoins amusants.

L’exemple Costco

En septembre 2019 la Chaîne américaine Costco ouvre son premier supermarché à Shanghai. Connue pour ses prix bas, ce fut un chaos. Elle doit fermer son magasin bien avant l’heure de fermeture prévue. Même la police ne peut rien faire. Je vous laisse découvrir les deux petites vidéos ci-dessous.

Et bien d’autres

A l’époque où j’avais un bistrot, il ne se passait pas un soir sans une dispute au sujet de l’Happy Hour. Dans tous les bars de Shanghai la règle est la même. L’Happy Hour consiste à offrir gracieusement à chaque consommateur sa deuxième consommation. Tous les jours j’avais au moins un couple, généralement deux jeunes chinoises, qui venaient profiter de l’Happy Hour. Comme par hasard, l’une n’avait pas soif et ne voulait rien consommer. Mais l’autre voulait tout de suite ses deux consommations, la payante et la gratuite… Il s’en suivait d’interminables discussions. N’obtenant pas gain de cause, elles perdaient la face et s’en allaient à la recherche d’un autre bar.

Poulet-congelé

Un samedi matin à Carrefour je vois un couple dont le mari fracassait un poulet congelé à même le sol. Amusé par cette scène, je m’approche du Monsieur pour lui demander ce qu’il faisait. Il me répond qu’il veut casser le poulet en deux car un poulet entier lui fait trop cher. En Chine les poulets sont petits et maigres, d’un poids d’environ 1 kilo. Et ce jour-là ils étaient à 1,45 € le kilo… Ne pas vouloir payer un poulet 1,45 € n’est pas de la radinerie ? La photo ci-contre est de mauvaise qualité car sa femme m’empêchait de photographier son mari. Néanmoins vous pouvez tout de même deviner la scène. Essayez de casser en deux un poulet congelé… 🙂
Au bout d’un moment, découragé et après avoir bien sali le poulet, il s’est contenté de le re-balancer dans le bac puis est parti.

Conclusions

Vous avez deux possibilités pour réussir dans le BtoC en Chine :
– Visez les 5% de consommateurs Chinois très riches en leur proposant un produit luxueux, cher, d’une marque réputée, et qui surtout « donne la face« . Cette population de 70 millions de personnes est prête à payer n’importe quel prix pour s’afficher en société.
– Ou proposez un produit de masse à très bas prix que vous aurez évidemment produit dans un pays pauvre.

Pour ma part je reste dans le BtoB, le business aux entreprises est tout de même plus raisonnable.

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